En finir avec le charbon
27/11/2021 07:30
Le Vietnam s'est récemment engagé à abandonner le charbon comme combustible d'ici 2045. La production de l'électricité à partir des énergies renouvelables devient donc prioritaire.

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La centrale thermique Vinh Tân 2, province de Binh Thuân (Centre).
Photo : VNA/CVN

La tendance actuelle repose sur le développement de la production de l’énergie à partir de la chaleur générée par le soleil, le vent ainsi que d’autres énergies renouvelables. Celle produite par la combustion du charbon n’est plus l’alternative privilégiée pour la garantie de la sécurité de l’énergie nationale, du fait des impacts négatifs des centrales à charbon sur l’environnement et conséquemment sur la santé des habitants. En effet, selon des experts, les habitants vivant aux alentours des centrales à charbon présentent des risques deux fois plus élevés de contracter des maladies que ceux qui habitent loin de ces centrales.

Depuis 2018, la question cruciale posée est la suivante : "Est-il encore convenable de continuer à utiliser le charbon pour assurer la sécurité de l’énergie ?" alors même que l’on sait très bien aujourd’hui l’impact d’une telle industrie sur l’environnement et la santé des habitants.

Diminuer la dépendance au charbon

Dans la Planification de l’électricité VIII, élaborée en 2020 par le ministère de l’Industrie et du Commerce, est envisagée la limitation de la production de l’énergie thermique à charbon.

Plusieurs associations ont soutenu cette initiative, notamment l’Alliance de l’énergie durable du Vietnam, celle de lutte contre les maladies non transmissibles et le Réseau des rivières du Vietnam. Ces trois organisations ont demandé au ministère de l’Industrie et du Commerce de faire pression pour qu’à partir de 2030, de nouvelles centrales à charbon ne soient plus créées. En parallèle, elles insistaient également sur la nécessité de développer rapidement les projets d’énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire.

Aujourd’hui, la combustion du charbon est la source de 37% de l’électricité produite dans le monde. Mais cette activité est la plus polluante et émet beaucoup de gaz à effet de serre, à l’origine du dérèglement climatique. Ainsi, la diminution de la consommation du charbon est une condition sine qua non pour atteindre les objectifs environnementaux. Et pourtant, comme il est bon marché et d’une quantité abondante, nombreux sont les pays dépendant à cette ressource. 

Lors de la récente Conférence de Glasgow de 2021 sur les changements climatiques (COP26), une quarantaine de pays, dont ceux produisant un grand volume d’électricité à partir du charbon, comme le Canada, la Pologne, l’Ukraine et le Vietnam, se sont engagés à limiter l’usage de cette énergie ainsi qu’à renoncer à construire de nouvelles centrales à charbon.

Pas de centrale à charbon en 2045

La COP26 s’est terminée par l’adoption du Pacte de Glasgow pour le climat. Les pays se sont engagés à maintenir l’augmentation moyenne de la température à moins de 2 degrés et à réduire progressivement la production d’électricité au charbon.

"Le monde suit actuellement la bonne direction, étant prêt à mettre fin à la consommation du charbon et ouvert à celle des énergies propres", a commenté Kwasi Kwarteng, secrétaire d’État britannique aux Affaires, à l’Énergie et à la Stratégie industrielle. Ce pays procédera, parallèlement à l’engagement de renoncer à la production de l’électricité par la combustion du charbon, à des investissements dans les énergies renouvelables. 

Certains pays développés se sont engagés à arrêter l’utilisation du charbon d’ici 2030 et d’autres pays en voie de développement d’ici 2040. En outre, une vingtaine de pays, dont le Vietnam, et organisations ont promis de renoncer à subventionner les projets d’énergies fossiles à partir de la fin de 2022.  

S’exprimant lors de la conférence, le Premier ministre Pham Minh Chinh a affirmé que le Vietnam était fermement déterminé à atteindre zéro émission nette d’ici à 2050.

Lors de la COP26, une quarantaine de pays, dont le Vietnam, se sont engagés à abandonner le charbon comme combustible.

En effet, nombreux sont aujourd’hui les projets de centrales à charbon qui ont été enterrés au Vietnam. Beaucoup de producteurs d’électricité locaux ont opté pour la production à partir du gaz naturel liquéfié, considéré plus écoresponsable.

Selon Nguyên Hông Diên, ministre de l’Industrie et du Commerce, les centrales thermiques sont chargées actuellement de produire 32% de la consommation totale d’électricité du pays et jouent un rôle important dans la sécurité énergétique nationale. Néanmoins, d’ici 2045, le pays rationnera au maximum la construction de nouvelles centrales à charbon et arrêtera le fonctionnement des centrales qui recourent à des technologies anciennes et polluantes. 

Les engagements du Vietnam salués

Les engagements drastiques du Vietnam sur le plan de l’environnement lors de la COP26 ont été salués par l’opinion internationale. Les observateurs ont ainsi loué la direction prise par le pays et ses efforts pour à la fois s’adapter aux changements climatiques et changer de modèle de production d’énergie.

D’après Paul Smith, vice-président du Réseau du Vietnam - Royaume-Uni, l’objectif du Vietnam visant à atteindre zéro émission nettes d’ici 2050 a montré non seulement la détermination du pays à lutter contre le dérèglement climatique mais aussi son rôle pionnier en Asie du Sud-Est en la matière.

"Cet engagement est logique avec le contexte environnemental actuel du Vietnam, qui est l’un des pays les plus touchés par la montée du niveau de la mer. En outre, le pays procède à l’industrialisation depuis seulement trois décennies et pourra facilement effectuer la transition vers une économie à bas carbone", a-t-il fait part.

Selon l’ambassadeur du Royaume-Uni au Vietnam, Gareth Ward, le pays a toutes les cartes en main pour remplir ses objectifs. "Le Vietnam pourrait en effet atteindre tous les objectifs fixés. Au Vietnam, 70% des gaz à effet de serre émis proviennent de l’industrie énergétique, dont la majorité est le fait de la production de l’électricité. Ainsi, si le pays peut rapidement diriger cette industrie vers les énergies éolienne et solaire, il pourra diminuer son impact sur l’environnement et contribuera notablement à la lutte contre les changements climatiques", a-t-il remarqué.

Mai Quynh/CVN