La fille au ballon partiellement autodétruite de Banksy s'envole pour le montant record de 18,6 milions de livres
15/10/2021 17:10
Trois ans après avoir fait sensation en s'autodétruisant partiellement, La fille au ballon de l'artiste britannique Banksy s'est envolée jeudi 14 octobre pour près de 18,6 millions de livres (21,8 millions d'euros) aux enchères à Londres, un nouveau record pour l'artiste britannique.

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"L'amour est dans la poubelle" de Banksy, présenté chez Sotheby's à Londres, le 3 septembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Rebaptisée L'amour est dans la poubelle ("Love is in the bin"), l'œuvre vendue chez Sotheby's dans la capitale britannique dépasse ainsi largement le précédent record atteint par un Banksy.

En mars dernier, Game Changer, une toile mettant à l'honneur les soignants en période de pandémie de coronavirus, avait été vendue pour 16,75 millions de livres (19,5 millions d'euros) au profit du service public de santé britannique.

Très rapidement après le début de la vente, les offres ont tourbillonné jusqu'à pulvériser le prix de 1,042 million de livres (1,185 million d'euros) auquel le tableau avait été vendu à une collectionneuse européenne en 2018.

"Je ne peux pas vous dire à quel point je suis terrifié à l'idée d'abattre ce marteau", a lancé le commissaire-priseur Oliver Barker, sous les rires de l'assistance, avant d'adjuger l'œuvre à 16 millions de livres sterling - montant auquel s'ajoute près de 2,6 millions de livres de frais - à un collectionneur privé d'Asie.

La dernière apparition de l'œuvre, en octobre 2018, avait en effet avait suscité la stupéfaction dans le monde entier.

À peine le coup de marteau avait-il retenti qu'un broyeur dissimulé dans le cadre avait réduit en lambeaux la moitié inférieure de la toile, qui représente une petite fille lâchant un ballon rouge en forme de coeur, ne laissant intact que le ballon sur fond blanc.

Il s'agissait de "l'un des moments les plus ingénieux de la performance artistique de ce siècle", qui avait "fait rentrer cette vente aux enchères dans l'histoire", a souligné Alex Branczik, responsable de l'art moderne et contemporain chez Sotheby's Asie, dans un communiqué jeudi soir 14 octobre.

Préférée des Britanniques 

La version diptyque de "La fille au ballon", de Banksy, exposée chez Christie's à Londres, le 1er octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Avec cette action retentissante, qui avait provoqué un véritable séisme dans le milieu de l'art, l'artiste de rue avait pour ambition de dénoncer la "marchandisation" de l'art.

Mais depuis ce coup d'éclat, Banksy affole les ventes aux enchères, où ses oeuvres atteignent des records.

"Lors de cette soirée surréaliste il y a trois ans, je suis devenue par accident la privilégiée propriétaire de +L'amour est dans la poubelle+", avait rappelé l'acheteuse, citée dans le communiqué de Sotheby's annonçant la vente, "mais il est maintenant temps de s'en séparer".

Avant même cette notoriété planétaire, La fille au ballon, apparue pour la toute première fois en 2002 sous forme de graffiti réalisé au pochoir sur un mur de la rive sud de Londres, avait déjà été désigné comme l'oeuvre d'art préférée des Britanniques.

Vendredi 15 octobre, une version en diptyque de La fille au ballon sera mise en enchère, également dans la capitale britannique, cette fois chez Christie's.

Réalisée en 2005, la toile en deux parties est estimée entre 2,5 et 3,5 millions de livres sterling (entre 2,9 et 4,1 millions d'euros).

L'artiste, qui s'est fait connaître par une série de graffitis apparaissant sur des bâtiments, entretient le mystère sur son identité.

En 2005, il avait réalisé le graffiti Le lanceur de fleurs sur un mur de Jérusalem, représentant un manifestant masqué sur le point de lancer un bouquet de fleurs. En octobre 2013, il avait fait des rues de New York son terrain de jeu en dessinant presque une œuvre par jour pendant un mois, ses fans se faisant chasseurs de trésor à ses trousses.

L'artiste utilise également sa bombe de graffeur pour manifester son opposition au Brexit, son soutien aux migrants, ou encore pour alerter sur l'urgence climatique.
 
AFP/VNA/CVN