La France rend hommage aux français d’origine étrangère
26/01/2022 19:06
D'ici à mi-février 2022, en venant au Musée de l'Homme au centre de Paris, les visiteurs ont l’occasion de découvrir une exposition exceptionnelle. Intitulée "Portraits de France, une autre page de l'histoire de France", cette exposition, la première de ce genre vise à rendre hommage les personnalités françaises d’origine des outres mers, qui vivent, travaillent et se consacrent à la France depuis plus de 230 ans.


Un coin de l'exposition "Portraits de France, une autre page de l'histoire de France", tenue d'ici au 14 février au Musée de l'Homme.


À travers l’exposition "Portraits de France" , les visiteurs cheminerez parmi les itinéraires de vie atypiques de 29 femmes et de 29 hommes qui ont participé au récit national de France. Méconnues, célèbres ou oubliées, ces personnalités incarnent la diversité française.  Ces 58 figures sont choisies dans un recueil éponyme rassemblant 318 personnalités issues des outres mers, réalisé par un groupe de scientifiques à la commande du Président de la République française.
 
Sous les traits de l’illustrateur Jacques Floret, les figures des personnages sont reproduites avec netteté et vivacité. Accompagnée des photos, des documents ou encore des objets de souvenir relatifs aux personnalités, l’exposition "emmène les visiteurs sur les traces d’événements, de temps forts économiques, politiques, sociaux et culturels qui sont familiers avec les français", a-t-on indiqué dans un communiqué de presse. L'exposition a pour objectif de faire découvrir une autre page de l'histoire de France avec la présence et les contributions des Français d’origine étrangère, durant plus de 230 ans, "de la Révolution française à la Belle Époque, de la Grande Guerre aux Années folles, de la Seconde Guerre mondiale à la fin de l’empire colonial, de la France black-blanc-beur aux défis du XXIe siècle", a précisé le communiqué de presse.

L'exposition est un message de gratitude et de reconnaissance de la France aux mérites des immigrés en faveur de la France, créant une autre page d'histoire dans le parcours de 230 ans de défense nationale, de construction et de développement du pays.
 
À part les personnalités bien connues dans le monde comme la physicienne d'origine polonaise, Marie Curie ; le peintre hispanique, Pablo Picasso ; l'artiste d'origine américaine, Joséphine Baker ; la chanteuse d'origine italienne, Dalida ; l'écrivain et homme politique martiniquais Aimé Césaire ; ou la haute couturière italienne Nina Ricci…,on y note aussi des figures moins connues, voire tombées dans l’oubli tels Sanité Belair, considérée comme l’une des héroïnes de l’indépendance d’Haïti ; l'immense compositrice tchèque Vítězslava Kapralova, formée à l’École normale de musique de Paris ou encore Raphaël Elizé, l’un des premiers maires noirs d’une commune de France métropolitaine, engagé dans la Résistance avant de mourir en déportation à Buchenwald. 
 
Dô Huu Vi, un aviateur d’origine vietnamienne, est la seul figure asiatique choisie pour l'exposition. 

En particulier, sur 58 visages sélectionnés pour cette exposition, il n'y a qu'une seule personne d'origine asiatique. C’est Dô Huu Vi, un aviateur d’origine vietnamienne venu combattre et mourir dans les rangs de l’armée française pendant la Première Guerre mondiale. Ces personnalités sont issues de la diversité, mais ont en commun leur engagement, direct ou indirect, pour la France.
 
Selon Jennifer Zevounou, une jeune française d’origine béninoise, cette exposition lui apporte une grande fierté en faveur des immigrés notamment des pays africains, qui ont participé à la résistance de la France. "J’aime beaucoup cette exposition parce qu’elle me permet de découvrir le portrait de grandes figures que l’on ne connait pas et dont on ne nous apprend pas à l’école. Ces personnalités ont tout à fait leur place dans l’histoire française", a-t-elle confié.
 
Quant à lui, M. Bruno Amant, un visiteur parisien, il a été fortement "surpris des origines de certaines personnes" qu’il considérait français pur souches. "Cette exposition est non seulement riche et profonde, mais surtout elle inscrit bien notre pays dans sa vision internationale des choses. Je trouve que la construction d’un grand pays moderne, civilisé et développé se fait aux dépens de tous et avec contribution de tous", a-t-il partagé. 
 
Un séminaire organisé en marge de l'exposition pour discuter de la signification de l'utilisation des noms de personnalités introduites dans les "Portrait de France" pour le baptême des espaces publics.
Un projet de cohésion et de diversité nationale
 
Selon historienne de l’art Aurélie Clemente-Ruiz, directrice du Musée de l'Homme, placée sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, l'exposition a été organisée en collaboration avec un groupe de chercheurs, dirigé par l'historien Pascal Blanchard, président du comité scientifique du rapport "Portraits de la France". La sélection de 58 personnalités typiques est basée sur la parité égale entre les hommes et femmes. Ces derniers représentent de nombreuses périodes à travers les plus de 230 ans d'histoire de France, de la Révolution française jusqu’aujourd’hui. Ils viennent du monde entier et interviennent dans différents métiers et domaines, des artistes, scientifiques, politiques aux militaires" "Tous ces facteurs font la diversité et la richesse de l'exposition", a insisté Mme Aurélie Clemente-Ruiz.
 
Dans le cadre de l'exposition, un séminaire a été organisé pour discuter de la signification de l'utilisation des noms de personnalités introduites dans les "Portrait de France" pour nommer les rues afin d'introduire l'histoire et d'honorer les étrangers qui ont apporté une grande contribution au pays. Préserver leurs noms dans la mémoire collective française et l'espace public sert aussi à concrétiser la volonté du Président français de "faire vivre l’unité et la cohésion de notre communauté nationale, dans toute sa richesse et sa diversité". Ce recueil "Portrait de France" a ainsi vocation à aider les élus locaux dans leur choix afin de baptiser des rues, places, parcs ou bâtiments publics.
 
Texte et photos : Thu Ha NGUYEN/CVN