La protection du milieu marin au cœur de la stratégie maritime
02/08/2014 15:42
Avec un million de kilomètres carrés d’espaces maritimes et quelque 3.000 îles, le Vietnam a de quoi avoir une politique maritime ambitieuse. Malheureusement, des menaces pèsent sur ce milieu fragile et sur les millions de Vietnamiens qui en vivent.

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Le littoral de la province de Quang Ngai (Centre) est pollué par toutes sortes de rejets provenant de l’activité humaine. Photo : Thanh Long/VNA/CVN


Recouvrant près de 71% de la Terre, les mers et les océans représentent le berceau de la vie de notre planète. Une grande partie de la diversité de la planète se trouve dans les mers et les océans qui recèlent des trésors, avec environ 250.000 espèces connues, et des millions d’autres à découvrir.

Au Vietnam, selon les experts, le littoral est pollué par toutes sortes de rejets provenant de l’activité humaine. Environ 70 espèces marines figurent sur la Liste Rouge des espèces menacées. Les marées noires de 2002 et 2003 dans les provinces de Khanh Hoa, Ninh Thuân et Binh Thuân (Centre) ont entraîné de grosses pertes pour les aquaculteurs. De décembre 2006 à avril 2007, de 21.600 à 51.800 tonnes de brut ont pollué les côtes vietnamiennes, dont seulement 1.721 tonnes ont été récupérées.

La protection des mers et du littoral est impérative, car les enjeux associés au monde marin sont aussi variés que stratégiques : ressources alimentaires, sources d’énergie, transport, services écologiques... Au Vietnam, 30% de la population vit sur le littoral et 45% vit directement ou indirectement de l’économie maritime. L’enjeu est donc important.

Protection et exploitation durable du milieu marin

Par rapport aux puissances maritimes de la région, l’économie maritime représente une part modeste du PIB du Vietnam. L’objectif du pays est d’élaborer une stratégie maritime où exploitation économique irait de pair avec préservation. Protéger les ressources naturelles de la mer pour mieux les exploiter de manière durable, tel est la première des orientations stratégiques.

La stratégie marine d’ici 2020 fixe l’objectif de faire du Vietnam un pays puissant grâce à ses ressources marines. En 2020, l’économie maritime devrait contribuer au PIB de 53% à 55% et de 55% à 60% au montant des exportations du pays. L’accent sera mis sur les activités de protection du milieu marin ainsi que la valorisation, l’exploitation efficace et durable de l’économie maritime dans un contexte d’intégration, de modernisation et d’industrialisation.

Ramassage des ordures sur la plage de Quynh Son, province de Quang Ngai (Centre). Photo : Thanh Long/VNA/CVN


Selon Ngô Luc Tài, vice-président de l’Association des sciences et de l’économie maritime de Hô Chi Minh-Ville, dans l’immédiat, il faut renforcer les études sur les ressources naturelles et la protection du milieu marin, développer les technologies, investir dans des infrastructures en liaison avec le développement de services, construire des routes littorales...

Des mesures synergiques 

Il est nécessaire de créer quelques secteurs économiques puissants dans le cadre de pôles d’économie maritime. D’ici 2020, il est important de créer une véritable percée dans l’économie maritime et littorale (nouveaux ports, zones industrielles et économiques, terminaux pétroliers, zones urbaines littorales) pour répondre aux exigences de l’industrialisation et de la modernisation du pays, et cela en tenant compte des enjeux écologiques.

Il faut accélérer la recherche et la coopération internationales dans l’application du progrès scientifique, la prévision des calamités naturelles, l’exploitation des ressources maritimes et la création de réserves maritimes transfrontalières. Les aires marines protégées s’étendront jusqu’à représenter 2% de l’espace maritime vietnamien, contre 0,2% actuellement. Il faut aussi sensibiliser les habitants du littoral à la protection du milieu marin, la plupart étant totalement ignorants des enjeux écologiques.

L’autre des priorités est les pêcheurs. Chaque jour, environ 2.000 bateaux de pêche et 3.000 pêcheurs travaillent en mer. L’État réorganisera la filière dans le sens d’un développement de la pêche hauturière avec des bateaux en acier dotés d’équipements modernes.

En outre, l’État compte créer un Musée national de la mer à Hanoi et des musées similaires dans les localités au service de la vulgarisation des connaissances, de la recherche scientifique, et de la coopération internationale.
 
 

 Une stratégie maritime

Le littoral et les milieux marins sont menacés par les changements globaux. Ils souffrent principalement de l’impact des aménagements du littoral, de la pollution tellurique, de l’appauvrissement des ressources halieutiques et des conséquences du changement climatique (augmentation de la température, élévation du niveau des océans et acidification des eaux marines). Si les activités humaines en mer (pêche, transport maritime, prélèvements excessifs et surexploitation des ressources) ont une action sur le milieu marin, la plus grande part des atteintes à la biodiversité marine résulte activités terrestres, 75% des pollutions marines provenant en effet, directement du continent. La stratégie nationale sur l’exploitation et l’emploi durable des ressources naturelles ainsi que la protection de l’environnement marin d’ici 2020 et sa vision pour 2030 a été rendue publique récemment à Hanoi. Selon le président de l’Institut des stratégies et politiques des ressources naturelles et de l’environnement, Nguyên Van Tài, cette stratégie permettra d’améliorer la fiabilité des prévisions météorologiques, ainsi que d’autres informations sur les ressources naturelles et l’environnement marin, au service du développement socioéconomique des zones maritimes et du littoral. Elle contribuera également à une meilleure gestion des ressources naturelles, à mieux lutter contre la pollution, à améliorer l’adaptation au changement climatique, ainsi qu’à protéger la biodiversité marine.


  Huong Linh/CVN