Le lent et difficile retour à l'école des enseignants
05/09/2021 08:08
Après les vacances d'été, les enseignants de nombreuses localités du Nord ont repris le chemin de l’école afin de préparer la nouvelle année scolaire. Cependant, contrairement aux années précédentes, en raison de la pandémie, leur retour est très difficile.

>>Une nouvelle rentrée sous le sceau du variant Delta

Élèves de l’École-internat primaire N°1 de Sin Cheng nettoyant une salle de classe.
Photo : DTPT/CVN

Bien que ses vacances d’été se terminent le 31 juillet, l’enseignant Hà Hông Soan, originaire du district de Thanh Son, province de Phu Tho, a décidé de retourner quelques jours en avance à l’École primaire pour les ethnies minoritaires N°1 de Sin Cheng, district de Si Ma Cai, province montagneuse de Lào Cai, pour préparer la nouvelle année scolaire.

"Ma famille vit à Phu Tho. Normalement, nous nous voyons deux ou trois jours chaque mois. Cette année, en raison de la crise sanitaire, je n’ai pu rentrer à la maison qu’après deux mois", partage-t-il.

Sensibiliser aux mesures de prévention

Selon M. Soan, avant les vacances d’été, l’école a demandé à ses enseignants de suivre strictement le message dit 5K pour faire face au coronavirus : Khâu trang (Masque), Khu khuân (Désinfection), Khoang cách (Distance), Không tu tâp (Pas de rassemblement) et Khai báo y tê (Déclaration d’état de santé). "Je trouve que certaines formalités comme la déclaration d’état de santé sont nécessaires dans l’actuelle situation épidémique, bien qu’elle prenne plus de temps", estime-t-il.

Avant de revenir à l’école, M. Soan a pris l’initiative de se rendre au Comité populaire de la commune où habite sa famille pour demander une attestation confirmant que cette zone est exempte d’épidémie et que sa famille respecte bien les règlements de lutte contre le COVID-19.

"Cette procédure n’est pas obligatoire, mais je trouve personnellement que cette attestation est nécessaire pour sécuriser mon trajet de retour à l’école...", explique-t-il.  

Pour sa part, l’enseignante Nguyên Thi Do, collègue de M. Soan à l’École primaire N°1 de Sin Cheng, avait profité de ses vacances d’été pour se rendre à Hai Duong et Thai Nguyên. Craignant une explosion épidémique, elle s’est arrangée pour retourner à Si Ma Cai dès le 14 juillet.

Lors de son trajet de Thai Nguyên à cette contrée lointaine, Mme Do et sa famille ont fait des déclarations médicales à trois points de contrôle sanitaire des provinces de Tuyên Quang, Yên Bai et Lào Cai.

De même, l’enseignante Dinh Thi Gui, originaire de Xuân Truong, province de Nam Dinh, est revenue dès le 21 juillet au Collège-internat pour les ethnies minoritaires de Khao Mang, district de Mù Cang Chai, province de Yên Bai. Ce retour a été marqué par des arrêts à quatre points de contrôle où sa température corporelle a été vérifiée et où elle a dû remplir le formulaire de déclaration médicale.

À Mù Cang Chai, elle suit 21 jours d’auto-isolement à domicile à la demande du secteur local de la santé. Elle en profite pour participer à un cours de perfectionnement sur le programme d’enseignement en informatique pour les élèves en 6e classe. Elle rentrera à l’école après sa période de quarantaine. 

Pour sa part, l’enseignante Bùi Minh Khuyên ne peut pas retourner à l’École-internat primaire pour les ethnies minoritaires de Pa U, district de Muong Tè, province de Lai Châu, car elle est "bloquée" à Hanoï en raison des restrictions de déplacement strictes.

En effet, le 12 juillet, Mme Khuyên a emmené six élèves en situation difficile de la commune de Pa U à Hanoï pour des opérations chirurgicales dans le cadre d’un programme philanthropique dont elle est représentante des familles d’enfants bénéficiaires. Lorsque leurs traitements médicaux ont été terminés, Hanoï a commencé à appliquer la directive N°16 du Premier ministre sur  la distanciation sociale. Pour le moment, Lai Châu interdit également aux personnes venant des zones épidémiques de retourner dans cette province.

Être proactif pour lutter contre le coronavirus
 
Mesure de température corporelle à un poste de contrôle sanitaire de la province de Yên Bai (Nord).
Photo : DTPT/CVN

Selon Hà Trân Hông, directeur du Collège-internat pour les élèves des ethnies minoritaires de Khao Mang, en raison de la crise sanitaire, nombre de ses enseignants n’ont pas osé prendre leurs vacances d’été de peur de l’impossible retour à l’école.

Avant les congés, le syndicat de l’école avait demandé à ses enseignants de déclarer la date, l’heure et le lieu de leur arrivée. Il leur a donné aussi des recommandations sur les lieux à risque où ne pas se rendre.

"Cette année, la plupart des enseignants de l’école n’ont pas quitté la localité pendant les vacances d’été. Par conséquent, les préparatifs de la nouvelle année scolaire ne rencontrent pas beaucoup de difficultés", exprime Hà Trân Hông.

D’après Bùi Van Tiên, chef du Bureau de l’éducation et de la formation du district de Bac Hà, province de Lào Cai, avant les congés, son bureau a bien informé tous les enseignants et élèves de la situation épidémique et des mesures de prévention. Il a renforcé la sensibilisation au respect du message dit 9K : Khâu trang (Masque), Khu khuân (Désinfection), Khoang cách (Distance), Không tu tâp (Pas de rassemblement), Khai báo y tê (Déclaration d’état de santé), Kiêm soát biên gioi (Contrôle des frontières), Khu cách li an toàn (Zone d’isolement en sécurité), Không ra khoi nhà khi không cân thiêt (Ne pas sortir inutilement) et Không đang tin sai su thât (Ne pas publier de fausses informations).

Les enseignants sont également encouragés à suspendre les visites, les travaux non essentiels et à restreindre leurs déplacements dans d’autres localités.           
Huong Linh/CVN