L’économie bleue, un potentiel à promouvoir
14/11/2020 08:30
Le Vietnam possède un littoral de plus de 3.260 km et des milliers d’îles et d’archipels, une immense opportunité pour développer l’économie bleue. Pourtant, il doit faire face à de nombreux défis. Solutions.

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Flottille de pêche autour de l’île de Binh Ba, province de Khanh Hoà (Centre).
Photo : Chi Tuong/VNA/CVN

Situé sur l’une des voies maritimes les plus fréquentées au monde, le Vietnam entend développer ses activités de transport maritime, de pêche industrielle et d’exploitation du pétrole offshore. Le développement de ports maritimes connectés avec un réseau de routes côtières et de chemins de fer permet un transport rapide et efficace des marchandises importées vers toutes les régions du pays ainsi que l’exportation des produits vietnamiens vers les pays de la région et le monde entier.

Les ressources halieutiques du pays sont abondantes et le Vietnam possède plus de 20 écosystèmes marins originaux abritant une grande biodiversité. On dénombre environ 11.000 espèces vivant dans les eaux vietnamiennes. 2.400 espèces de poissons, 653 d’algues marines, 225 de crevettes marines, 617 de coraux ont été référencés dont 1.300 endémiques.

D’après les rapports officiels, la réserve de poissons dans les eaux vietnamiennes est estimée à 5 millions de tonnes par an. On trouve le long des régions côtières, plus de 37.000 ha de plan d’eau de toutes sortes utilisables pour l’exploitation agricole ou l’aquaculture. Avec 126 superbes plages, le pays possède également un potentiel touristique très fort.

De nombreux défis à relever

Ces dernières années, l’économie maritime a connu des avancées significatives au niveau des localités littorales. Pourtant, la gestion et la protection de l’environnement marin laissent encore fortement à désirer et ne permettent pas un développement durable.

Selon le Dr. Dang Trung Tu, de l’Institut de la stratégie, des politiques sur les ressources naturelles et l’environnement (ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement), l’un des plus grands défis actuels est la trop faible prise de conscience de la nécessité d’une exploitation durable des ressources marines. Les différents secteurs impliqués, les entreprises ainsi que les habitants ne mettent pas encore suffisamment l’accent sur la protection de l’environnement marin.

Les infrastructures dans les zones maritimes, côtières et insulaires sont encore peu nombreuses ou obsolètes. Les aéroports du littoral, les ports côtiers ainsi que les zones économiques maritimes sont de petite capacité et ne forment pas un système économique véritablement interconnecté.

En outre, les équipements de recherches scientifiques marines et l’établissement de formation sur l’économie maritime ne font pas l’objet d’investissements suffisants.

De plus, l’exploitation des ressources halieutiques n’est pas efficace manquant de planification et de contrôle. La gestion et la surveillance des ressources maritimes sont aussi déficientes. Tout cela entraîne une érosion des ressources halieutiques et des écosystèmes importants. En effet, chaque année, les mangroves perdent environ 15.000 ha, 80% des récifs coralliens et 50% de la couverture herbeuse des régions maritimes vietnamiennes sont désormais menacés.

Le Dr. Du Van Toan, de l’Institut de la stratégie, des politiques sur les ressources naturelles et l’environnement, fait savoir que pour protéger les écosystèmes marins et développer de manière durable l’économie bleue, il est impératif d’appliquer une série de mesure.

Pour un développement durable

L’aquaculture est un des atouts pour le développement de l’économie maritime
de la ville de Hai Phong (Nord).

Photo : Vu Sinh/VNA/CVN

Le Vietnam devra continuer à développer et perfectionner son système de politiques et de lois relatives à la conservation de la biodiversité marine en particulier. Le Vietnam devra suivre et respecter les traités et mécanismes internationaux relatifs à la protection des écosystèmes marins.

En outre, il sera nécessaire d’étendre la superficie des aires maritimes protégées et en créer de nouvelles. L’accent doit également être mis sur la conservation de la biodiversité, la restauration des écosystèmes, notamment les récifs coralliens, les herbiers marins, les mangroves, les forêts de protection côtières…

De plus, il faudra multiplier la coopération internationale afin de mieux gérer les régions maritimes importantes et développer les compétences et la prise de conscience des gestionnaires ainsi que des habitants des aires marines protégées (AMP). 

Nguyên Trung Tu estime que les AMP immobiles ne permettent que de protéger les espèces sédentaires mais pas les migratrices. Certaines se déplacent à des milliers de kilomètres comme le thon, l’espadon, les tortues de mer ou les mammifères marins... En quittant la zone protégée, elles sont immédiatement menacées.

C’est pour cette raison que la création des AMP mobiles, ayant des limites marines flexibles et variables dans les eaux internationales et transnationales, est nécessaire. Avec le développement des technologies (télédétection et transmission numérique des données par satellite), si tous les pays agissent de concert, la gestion des AMP mobiles deviendra une réalité.

Pourtant, afin de pouvoir envisager la création des AMP mobiles, le Vietnam doit dès maintenant élaborer un cahier des charges et mener des études de faisabilité.
Huong Linh/CVN