Les musées trouvent leur dynamique post-COVID-19
24/05/2022 08:12
Après une longue période de fermeture ou d’ouvertures intermittentes en raison du COVID-19 entre 2020 et 2021, les musées à Hanoï et à Hô Chi Minh-Ville retrouvent une activité normale en présentant leurs expositions réelles et virtuelles.

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Les enfants expérimentent un parcours scolaire au Musée des femmes du Vietnam.
Photo : Thùy Linh - LD/CVN

Depuis que le Vietnam rouvre ses portes au tourisme international, les musées cherchent à mettre au goût du jour leur propositions, au service du public et pour mieux s’adapter à la nouvelle situation post-COVID-19. Ils restaurent leur infrastructure et espace d’exposition.

En parallèle, ils utilisent des technologies avancées pour la création des présentations, comme par exemple des visites en 3D. Preuve d’une orientation moderne permettant d’assurer la survie des musées face à la crise sanitaire.

Diversifier le programme

Au Nord, les établissements de divertissement ont rouvert leur porte à l’approche de l’été. Profitant de cette occasion, le Musée des femmes du Vietnam, situé dans la rue Ly Thuong Kiêt, dans l’arrondissement de Hoàn Kiêm, a proposé les parcours scolaires qui sont conçus de manière moderne pour aider les élèves non seulement à être réceptifs aux traditions grâce à des entretiens avec des artisans, mais aussi pour qu’ils acquièrent une expérience pratique afin de mieux comprendre les principes scientifiques. Les thèmes interactifs des parcours scolaires correspondent à l’âge des visiteurs et au programme de l’école.

Ainsi, il existe plusieurs programmes, tels que "Techniques de création de motifs chez les H’mông" où les visiteurs apprennent les étapes de création des motifs sur des tissus, et la teinture aux couleurs naturelles des femmes H’mông, ou encore "La fabrication des chapeaux coniques chez les Viêt" permettant au public de voir, sous la direction des artisans du village Chuông (en banlieue de Hanoï), le processus de fabrication du nón (chapeau conique), un symbole des femmes vietnamiennes.

Dans la mégapole du Sud, en avril, les musées ont lancé leurs programmes dont le Musée des femmes de Nam Bô et le Musée des vestiges de la guerre de Hô Chi Minh-Ville.

Implanté dans le 3e arrondissement, le Musée des femmes de Nam Bô est un site incontournable pour les voyageurs. L’épidémie a cependant fait chuter gravement les revenus du musée. Actuellement, celui-ci améliore ses espaces de présentation pour les rendre plus modernes et confortables, en suivant des tendances plus actuelles qu’auparavant.

En outre, le musée collabore avec les voyagistes et les restaurants pour créer des circuits touristiques et un programme de découverte de la gastronomie de Nam Bô. À l’avenir, il dévoilera le secret de l’áo dài (tunique traditionnelle du Vietnam) à travers des exhibitions.

Le Musée des vestiges de la guerre, quant à lui, avant le COVID-19, accueillait 3.000 personnes par jour dont 70% d’étrangers. Début 2022, bien que le pic de l’épidémie soit derrière nous, le musée ne reçoit qu’une centaine visiteurs, notamment des jeunes. En vue d’attirer davantage de touristes aussi bien vietnamiens qu’étrangers, il a restauré des cadres d’exposition et a formé à son personnel pour améliorer la qualité des services.

Création des "banques de données" virtuelles

Capture d'écran d'une partie de l'exposition "Trésors nationaux" en 3D crées par le Musée national d'histoire du Vietnam.
Photo : My Anh/CVN

Autrefois, la transformation numérique via la création de banques de données ne représentait pas un enjeu majeur pour les musées. Mais pendant la pandémie, les musées ainsi que les centres de loisir ont dû cesser leurs activités pour enrayer l’expansion du COVID-19. Les expositions et visites virtuelles sont donc apparues comme la solution idoine, pour permettre aux gens d’explorer le monde et se divertir sans se déplacer.

En cliquant sur le site web du Musée national d’histoire du Vietnam (MNHV), les spectateurs peuvent admirer, en 3D, les images des objets précieux, inestimables de l’exposition "Trésors nationaux". Par exemple Trông dông Ngoc Lu (Tambour en bronze de Ngoc Lu, datant d’il y a environ 2.500 ans), Mô thuyên Viêt Khê (Le cercueil en forme de pirogue Viêt Khê, datant d’il y a environ 2.500 ans), ou Bia Vo Canh (La stèle de Vo Canh, entre les IIIe et IVe siècles), entre autres. En plus d’images, on peut trouver des explications et commentaires qui donnent des informations intéressantes sur chaque artefact.

Les images en 3D permettent au public d’observer de manière précise les moindre détails d’un objet alors que dans le cadre d’une visite sur place, on ne le voit que par la vitrine.

Pour le Musée d’histoire de Hô Chi Minh-Ville, la transformation en "musée intelligent" constitue un objectif clé. Celui-ci a numérisé les données et les objets du musée. En le visitant, les touristes peuvent consulter des informations sur un écran tactile installé à l’entrée du musée, ou scanner les QR codes pour accéder au musée numérique sur leur smartphone, et ainsi avoir accès à des informations sur les événements et personnages importants de l’histoire du pays.

Cet établissement crée un véritable projet éducatif en réalisant des supports d’information réservés aux élèves et étudiants. Il réalise par exemple des vidéos sur divers thèmes puis les publie sur les sites Facebook et Youtube.

La numérisation du musée présente plusieurs bénéfices. Elle permet de stocker des données sans avoir a investir pour louer ou acheter des espaces ou entrepôts. Et elle contribue à préserver à long terme des éléments culturels, historiques et archéologiques ainsi qu’à promouvoir l’image du pays à l’étranger.
My Anh/CVN