L’«île émeraude» fait peau neuve
12/10/2013 16:30
Huit ans après la mise en route du projet de développement global de l’île de Phú Quôc, province de Kiên Giang à l’horizon 2010, puis 2020, ce district insulaire arbore aujourd’hui une nouvelle physionomie. Petit tour d’horizon des mutations en cours.

>>Le décollage touristique du district insulaire passe par des mesures synchrones

D’une superficie de 589 km², Phú Quôc est la plus grande île du Vietnam. Elle fait partie d’un archipel composé de 22 îles situé à l’extrême Sud-Ouest du pays, lequel dépend, administrativement parlant, de la province de Kiên Giang.

Phu Quôc est surnommée l’«île d’émeraude» pour ses trésors naturels et son potentiel touristique. Photo : Ngoc Hà/VNA/CVN


Ce district insulaire occupe une position géostratégique très importante : porte d’entrée vers le Sud du pays, il se trouve à proximité de plusieurs pays de l’ASEAN, favorable donc aux échanges pour le développement économique, culturel et social.

Le Premier ministre d’alors Phan Van Khai ne s’y était pas trompé, promulguant le 5 octobre 2004 la décision N°178 qui approuve le projet d’aménagement global de l’île de Phú Quôc à l’horizon 2010, et sa vision 2020. Phú Quôc devrait devenir «un centre d’écotourisme maritime-insulaire, un centre d’échanges commerciaux et de services de haute qualité du pays, de la région et du monde» en 2020. Désormais, elle devra devenir «une zone économique et administrative spéciale, une ville insulaire, un centre touristique et de services de haut standing, une technopole du pays et de l’Asie du Sud-Est» en 2030.

Croissance élevée et stable

Huit ans donc après la promulgation de la décision N°178 par l’ancien chef du gouvernement, Phú Quôc a acquis une nouvelle dimension. L’économie locale maintient une croissance élevée et stable : son PIB connaît une croissance annuelle de plus de 22% (le PIB en 2012 a atteint 2.145 milliards de dôngs, soit une augmentation de 4,91 fois par rapport à 2004). Le revenu par habitant en 2012 était de 57 millions de dôngs/personne/an, soit 5,78 fois plus qu’en 2004. L’afflux touristique a augmenté en moyenne de 13% par an, pour atteindre 313.581 personnes en 2012, soit 2,8 fois supérieur à 2005.

Les recettes budgétaires enregistrent une croissance annuelle de plus de 36%, et se sont établies à plus de 681 milliards dôngs en 2012. Les capitaux d’investissement ont été multipliés par 11 par rapport à 2004. Les conditions de vie des insulaires n’ont cessé de s’améliorer, le taux de pauvreté est passé de 14% en 2004 à 1,86% en 2012, soit un recul de plus de 12 points. La défense nationale, la sécurité sociale et l’ordre public sont garantis, maintenus, contribuant au développement socio-économique de la localité. En résumé, un bilan très flatteur.

Infrastructures de qualité

L’île est dotée désormais d’un bon réseau routier.
                                               
Photo : Duy Khuong/VNA/CVN

Grâce à la construction des infrastructures de transport, le district insulaire est devenu facile d’accès. L’aéroport international de Phú Quôc a été mis en chantier fin 2008 sur une superficie de 905 ha. Après quatre ans de travaux de dégagement du foncier et de construction, la première phase du projet a été achevée fin 2012, au moyen d’un investissement de plus de 3.000 milliards de dôngs (sur un montant total prévu de 16.206 milliards). D’ores et déjà en service, le complexe est en mesure d’accueillir des avions à large fuselage comme Boeing 777-300, 747-400, et A380-800. Son terminal pourra recevoir 2,65 millions de passagers/an en 2020, avant de porter ce chiffre à 7 millions en 2030.

Le port maritime international d’An Thoi est en chantier, de même que le réseau routier faisant le tour de l’île et l’axe principal Nord-Sud.

Actuellement, Phú Quôc possède plus d’une centaine d’établissements d’hébergement touristique, soit le double d’il y a huit ans, avec près de 2.000 chambres.

Nécessité d’une vision à long terme

Le district est aujourd’hui un gigantesque chantier, avec de nombreux ouvrages et projets de construction d’infrastructures d’envergure mis en œuvre simultanément, modifisant chaque jour un peu plus la physionomie de cette belle île. Des mutations qui ne sont pas sans causer quelques cheveux blancs aux experts, notamment à propos du respect de l’environnement et de la planification déterminée...

«Je suis inquiet sur la façon de faire face à la pression des investisseurs quand ils +balancent+ leur argent ici et ne veulent en faire qu’à leur tête», déplore le Pr.-Dr Nguyên Ngoc Trân, ancien vice-président de la Commission des affaires extérieures de l’Assemblée nationale.

Mme le Dr Nguyên Minh Hoà, de l’École supérieure des sciences sociales et humaines de Hô Chi Minh-Ville, estime de son côté que pour que le développement d’une ville ou d’une île comme Phú Quôc, «qui possède tout ce dont on rêve», aille dans le bon sens, il faut au moins cinq facteurs : des politiciens intelligents et un bon appareil de gestion, un «chef d’orchestre» de talent, un bon schéma directeur, de meilleurs conseillers, des investisseurs au rayonnement importants et portant un intérêt réel au(x) projet(s) qu’ils financent.

«L’aménagement et l’orientation de développement de Phú Quôc sont très importants, nécessitant une vision à long terme, laquelle doit faire partie intégrante des liens tissés en Asie du Sud-Est, avec une cohésion et une collaboration étroites avec le delta du Mékong, Hô Chi Minh-Ville et d’autres localités...», a indiqué le vice-Premier ministre Vu Van Ninh.

Pour Lâm Minh Thành, président du Comité populaire du district insulaire de Phú Quôc : «Bien qu’il reste beaucoup à faire, avec les efforts, la solidarité et le consensus de la population, mais aussi avec une attention particulière et une direction énergique des autorités centrales et locales, nul doute que Phú Quôc deviendra un centre touristique et de services d’écotourisme balnéaire et marin développé d’ici 2020».


Hoàng Minh/CVN