Corse
Nouveaux incidents entre manifestants et forces de l'ordre
17/02/2016 12:15
Nouveaux incidents à Corte, bras de fer entre le SC Bastia et les autorités du football, prises de position des nationalistes: la tension n'est pas retombée le 16 février en Corse, trois jours après des heurts en marge d'un match Reims-Bastia.

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Des affrontements entre manifestants et policiers à Corte, en Corse, le 16 février. Photo : AFP/VNA/CVN

Le soir du 16 février, alors que la situation est tendue en Corse depuis qu'un supporter bastiais a été grièvement blessé le 13 février dans des heurts avec des policiers à Reims après un match de football, des incidents ont à nouvel éclaté entre manifestants et forces de l'ordre à Corte. Le 14 février, c'était à Bastia, devant le commissariat de police, qu'un rassemblement de supporters bastiais avait dégénéré, et le 17 février, à Corte déjà, des incidents avaient opposé forces de l'ordre et jeunes nationalistes.

À Corte le 16 février, quelque 200 personnes étaient rassemblées à proximité de la sous-préfecture de Haute-Corse, quand une cinquantaine de personnes au visage dissimulé ont jeté des cocktails Molotov en direction des forces de l'ordre. Celles-ci ont répliqué en lançant des grenades lacrymogènes et des incidents ont duré plus d'une heure et demi, avant d'être interrompus notamment par la pluie.

Les affrontements se sont achevés vers 21h30 avec l'interpellation d'un manifestant. Une gendarme a été légèrement blessée.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a condamné dans un communiqué "ces violences réitérées, perpétrées par une poignée d’individus", qui "sont une offense à la Corse et aux Corses, à leur profond attachement à la République et au respect de ses lois". Le ministre a demandé aux élus "de les condamner et d’appeler sans ambiguïté à l’apaisement et au retour au calme".

Dans la journée, manifestations et rassemblements avaient de nouveau été organisés le 16 février sur l'île, notamment devant des lycées de Bastia. Comme le 15 février, les syndicats étudiants nationalistes, qui avaient appelé à manifester à Corte, où se trouve l'Université de Corse, avaient décrété une journée "Université morte".

"Diktat"

Des pompiers tentent d'éteindre les flammes, lors d'affrontements entre manifestants et policiers à Corte, en Corse, le 16 février.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le soir du 15 février déjà, une manifestation organisée par les mêmes syndicats devant la gendarmerie de Corte avait été émaillée de violences, et deux personnes avaient été interpellées, avant d'être relâchées le soir du 16 février sans qu'aucune charge ne soit retenue contre elles.

Avant les incidents du soir du 16 févier, un nouveau débat était né dans la journée autour de l'horaire du match que Bastia doit disputer face à Nantes le 13 février à Furiani : les supporters bastiais ayant annoncé leur intention de manifester le 13 février à 14h30 devant le Palais de Justice de la ville, la Ligue de football professionnel (LFP) a indiqué qu'à la demande de la préfecture de Haute-Corse la rencontre, prévue à 20h00, se jouerait à 14h00.

Le club corse a immédiatement annoncé qu'il opposait un "refus catégorique" au "diktat" de la Ligue., menaçant de maintenir "les portes du stade fermées à l'horaire décrété par les instances".

Ces tensions trouvent leur origine dans des heurts qui ont éclaté le 13 février à Reims entre supporters bastiais et policiers, après une rencontre de L1 avec Bastia, du reste sorti vainqueur de cette rencontre 1-0. Plusieurs interpellations ont eu lieu et huit supporters de Bastia doivent être jugés dans un mois pour leur participation présumée à ces incidents.

Le président de la collectivité territoriale de Corse, le nationaliste Gilles Simeoni, a mis en doute le 16 février la "version officielle" de l'affaire et demandé "une enquête impartiale pour savoir comment les choses se sont passées", énumérant même sur BFM TV les éléments qui, selon lui, "tendent à accréditer la thèse d’un tir délibéré (de flash-ball) dans des conditions irrégulières et non conformes aux exigences de la réglementation en la matière".

M. Simeoni, qui a été reçu le 16 février à Paris aux côtés du président indépendantiste de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, et d'élus de l'île, par le ministre des Collectivités territoriales Jean-Michel Baylet, avait ensuite lancé un appel au calme, comme Jean-Guy Talamoni. Quelques heures plus tard débutaient les incidents qui ont opposé manifestants et forces de l'ordre à Corte.

AFP/VNA/CVN