Syrie : les Kurdes s'allient à Damas face à l'avancée des forces turques
14/10/2019 09:08
Les Kurdes de Syrie ont annoncé dimanche soir 13 octobre avoir conclu un accord avec Damas pour le déploiement de l'armée syrienne dans le Nord du pays, afin de s'opposer à l'avancée rapide des troupes turques et de leurs alliés.

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Un combattant à Tal Abyad au Nord de la Syrie, le 13 octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'offensive turque, lancée il y a cinq jours à la faveur d'un retrait américain et malgré de vives critiques internationales, vise à instaurer une "zone de sécurité" de 32 km de profondeur pour séparer sa frontière des territoires contrôlés par les Unités de protection du peuple (YPG). 
 
Cette "zone" serait susceptible d'accueillir une partie des 3,6 millions de Syriens actuellement réfugiés en Turquie, un des nombreuses conséquences du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011.

Dimanche 13 octobre, le gouvernement de Bachar al-Assad, qui entretient des rapports tendus avec la minorité kurde mais a dénoncé l'opération d'Ankara, a annoncé l'envoi de troupes dans le Nord pour "affronter" l'"agression" turque.

Peu après, les Kurdes, qui ont instauré ces dernières années une autonomie de facto sur de vastes régions du Nord et du Nord-Est syrien, ont dit avoir conclu un accord avec Damas pour un déploiement de l'armée syrienne près de la frontière "en soutien aux Forces démocratiques syriennes (FDS)", dominées par les YPG.

L'offensive turque a provoqué un tollé international. Partenaires de longue des Occidentaux dans la lutte contre le groupe État islamique (EI), les FDS ont accusé l'Amérique du président Donald Trump de les avoir abandonnées en retirant lundi dernier 7 octobre des soldats de zones frontalières puis en annonçant ce dimanche 13 octobre le retrait de près de 1.000 soldats du Nord syrien.

Les forces kurdes ont en outre annoncé dimanche 13 octobre la fuite de centaines de proches de jihadistes de l'EI à la faveur de l'assaut turc. L'offensive d'Ankara devait d'abord se concentrer sur une bande de territoire frontalière, entre les villes de Tal Abyad et Ras al-Aïn, distantes d'environ 120 km.

Dimanche 13 octobre, les forces turques ont conquis Tal Abyad, selon l'agence turque Anadolu et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Ras al-Aïn échappe encore aux forces turques, mais celles-ci se sont emparées de 40 villages depuis mercredi 9 octobre et "ont conquis toute la région frontalière, de Tal Abyad jusqu'à l'ouest de Ras al-Aïn", selon l'ONG.
 
AFP/VNA/CVN